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International 21 mars 2022

Partir en mobilité en période de pandémie

Elles sont parties à l’autre bout du monde pendant leur premier semestre 2021/2022, malgré le pire contexte pour voyager.

Sarah et Noriane, étudiantes à TSM en M1 marketing, avaient été acceptées à l’université de Meiji à Tokyo, au Japon, pour effectuer leur année d’échange universitaire à l’étranger. Pandémie oblige, elles ont dû faire une croix sur cette destination. Elles se sont ainsi rabattues sur la Corée du Sud, d’où elles ont suivi tous leurs cours au Japon en virtuel. Lorsque leur visa touriste de 3 mois a expiré en Corée, elles ont continué leurs études à distance, depuis la Thaïlande cette fois. Récit d’un semestre inoubliable. 

 

"J’avais envie d’étudier au Japon, c’était vraiment un objectif et puis TSM le proposait"

 

  • Pourquoi avoir choisi cette université partenaire, Meiji University, et ce pays, le Japon ? 

Sarah : J’ai choisi le Japon parce que je suis en licence LEA (Langues Etrangères Appliquées) anglais-japonais. Donc j’ai aussi fait du japonais au lycée en LV3 donc ça fait 6 ans que j’étudie le japonais et ça me semblait évident de demander une université au Japon pour pouvoir travailler cette langue. Et j’ai choisi Meiji parce que les deux autres universités, Keio et Hitotsubashi, font partie des meilleures universités du Japon et j’avais un peu peur de me retrouver à l’autre bout du monde avec beaucoup de pression. 

Noriane : Je suis suis allée au Japon il y a quelques années en vacances et j’ai vraiment adoré la culture, le pays... Suite à cela ça je m’étais toujours dit que j’avais envie d’étudier au Japon, c’était vraiment un objectif et puis TSM le proposait. J’ai choisi Meiji parce qu’elle était réputée pour accueillir beaucoup d’étudiants étrangers, et le campus est très bien placé en plein centre de Tokyo, même pour les dortoirs c’était je pense le meilleur. 

 

  • Pourquoi avez-vous décidé d’aller en Corée ?

Noriane : La Corée, c’était mon deuxième choix si je ne pouvais pas aller au Japon. Quand j’ai commencé à y réfléchir on était en juin et je pensais que je pourrais y aller sauf que les frontières étaient fermées pour les touristes et pour les étudiants aussi, ensuite en juillet ils ont ouvert pour les étudiants. Et ils ont annoncé en août qu’à partir du 1er septembre les touristes pourraient également venir en vacances. Je me suis dit que nos cours commençant en septembre, autant y aller à ce moment-là, on reste 3 mois parce que c’est le temps du visa tourisme et cela nous permet de découvrir un nouveau pays.

Sarah : C’est Noriane qui m’en a parlé et je me suis dit que c’était une super idée.

 

  • Quel a été votre état d’esprit pendant toute cette période ? 

Noriane : Personnellement je suis toujours assez optimiste donc dès qu’il y a un problème ce n’est pas grave on trouve une solution et j’avais toujours ma famille pour m’épauler. Et puis je n’étais pas toute seule, il y avait quand même Sarah, on était plusieurs. Ce n’était pas facile, il y avait quand même du stress mais finalement tout s’est bien passé quand même. Je pense qu’il faut continuer à prendre des risques parce que sinon on s’enferme, on n’avance pas et c’est dommage.  

Sarah : J’ai beaucoup stressé, il y a eu des moments vraiment difficiles, avec des informations contradictoires, des incompréhensions, je m’en souviendrai pendant un bon moment je pense. Voyager pendant le covid c’est très compliqué, ça prend beaucoup de temps, ça prend beaucoup d’énergie mais une fois qu’on est sur place on ne regrette pas du tout. 

 

  • Un souvenir marquant ?

Noriane : On a essayé de faire des crêpes à des coréennes pour leur faire découvrir notre culture, mais il n’y avait pas du tout le matériel pour, au final on s’est retrouvées à faire des crêpes salées, crêpes sucrées, c’était sympa elles ont bien aimé. C’était plutôt drôle. 

Sarah : La dernière semaine en Corée tout le monde était parti, Noriane était partie, les autres colocataires aussi, j’étais toute seule, et le tout dernier jour : de la neige. Beaucoup de neige. C’était juste fou de voir Séoul, Hongdae, un quartier très animé à Séoul plein de neige, c’était vraiment magique. Super joli. Et justement j’avais pu rencontrer quelques locaux à ce moment-là, et avec des étudiants étrangers, on a fait une bataille de boules de neige. C’était génial.  

 

  • Voyant arriver la fin de validité de votre visa touriste pour la Corée, vous avez décidé de continuer votre aventure en Thaïlande. Qui vous en a donné l’idée ? 

Noriane : Initialement, je pensais rentrer en décembre en France et puis ma mère m’a dit : « Non, Noriane, tu es en Asie, c’est ballot tu ne vas pas revenir maintenant surtout que le covid en ce moment en France ce n’est pas le top, autant que tu continues de profiter de ton année. » Donc on a fait tous les papiers et toutes les démarches pour aller en Thaïlande. Ça n’a pas été simple pour obtenir le visa, l’autorisation de séjour, tout était compliqué mais pareil, une fois qu’on y est arrivées au moins on était contents, et ça nous a permis de continuer sur la lancée. Et l’idée c’est que si la Japon ouvrait, on pouvait passer de Bangkok à Tokyo. Finalement ça ne s’est pas fait mais au moins ça nous a permis de continuer sur une bonne lancée et finalement j’ai pu finir mon semestre à l’étranger et sans avoir à faire les cours de nuit donc c’était optimal. 

 

  • Comment se sont déroulés les cours en ligne avec le Japon ? 

Noriane : C’était intéressant d’avoir des cours en anglais, j’avais toujours eu des cours en français donc là ça m’a permis d’améliorer mon niveau et les profs sont très bienveillants, vraiment dans l’échange. Ils ont leurs caractéristiques à eux par rapport aux professeurs français c’est pas du tout la même manière de faire donc c’était intéressant. Il y a eu un peu plus de charge de travail que ce que je pensais. J’avais aussi pris 7h de cours de japonais par semaine sur tout le semestre. C’était intense mais ça m’a permis de beaucoup progresser. C’était très intéressant, très instructif. 

Sarah : Pareil, j’ai adoré les cours, les profs étaient vraiment très gentils, très bienveillants, ils pratiquaient une notation clémente dans certains cours. Ils veulent qu’on ait notre semestre tout simplement ils ne sont pas là pour rendre le cours compliqué. Ils nous laissent beaucoup de liberté. Par exemple, notre professeur d'e-commerce nous donnait juste un thème pour un oral et on pouvait parler de tout ce qu’on voulait. Ils sont là pour qu’on profite du pays dans lequel on est, pour qu’on profite de la nouvelle culture qu’on est en train de découvrir, la nouvelle université aussi. J’ai décidé de ne pas prendre de cours de japonais parce que je voulais un maximum de temps libre. Je me suis dit que j’avais fait 6 ans de japonais et que je préférais avoir le plus de temps libre possible pour visiter le pays. 

 

"Je n’ai plus du tout peur de me lancer dans des projets toute seule."

 

  • La personne que vous étiez avant de partir en Corée puis en Thaïlande est-elle la même qu’aujourd’hui ? 

Sarah : Je pense que j’ai surtout changé par rapport au voyage. Le fait de devoir partir toute seule, tout organiser toute seule, puis aussi avec la situation du covid, encore vraiment l’idée de : on arrive à l’aéroport on ne sait pas ce qui se passe, on ne sait pas où on doit aller, on ne sait pas qui on doit suivre, ce qu’on doit montrer etc. J’avais très peur de tout ça et puis maintenant en fait, je m’en fiche. Je n’ai plus du tout peur de me lancer dans des projets toute seule, de m’organiser toute seule, alors qu’avant je me disais qu’il fallait être accompagnée « qu’est-ce que je vais faire s’il se passe ça », et maintenant je me dis que chaque problème a sa solution.

Noriane : Je suis totalement d’accord avec ce que tu dis. Personnellement j’habitais encore chez mes parents c’est la première fois que je partais donc ça me stressait un peu, je me demandais si j’allais y arriver, mais on s’adapte très vite quand même, et puis c’est intéressant car on se repose quand même beaucoup sur les autres aussi, on se rend compte que faire des rencontres c’est vraiment important puisqu’on n’a pas la famille etc donc il faut réussir à bien faire confiance aux autres. 

 

  • Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui hésiterait à entreprendre un projet de mobilité en raison de la situation sanitaire ? 

Sarah : ça paraît peut-être un peu bête mais : ne pas trop réfléchir, tout simplement. Il faut tenter sa chance. Et puis si on est sélectionné, c’est déjà une très grande chance et il faut vraiment tout essayer pour profiter de son année. Quand on est sur le marché du travail c’est beaucoup plus compliqué de partir un an comme ça. Donc ne pas trop réfléchir, foncer, essayer vraiment de profiter un maximum de l’année.